« ET SI LA RENTRÉE DE VOTRE ENFANT REVEILLAIT LA VOTRE ! « COMPRENDRE CES RÉSONANCES ET S’EN DÉTACHER AVEC LA KINÉSIOLOGIE

La rentrée scolaire arrive rarement seule.

Elle s’accompagne de listes de fournitures, de chaussures à retrouver, de papiers à remplir, d’horaires à réorganiser, de réveils à avancer et, bien sûr, de la recherche de ce fameux cartable que personne n’a vu depuis le mois de juin.

Mais derrière cette agitation très concrète, il y a aussi tout ce qui se joue à l’intérieur.

Le stress de la rentrée ne concerne pas uniquement les enfants. Il peut également réveiller chez les parents des souvenirs, des inquiétudes, des attentes ou des blessures plus anciennes.

Sans toujours nous en rendre compte, ce que vit notre enfant peut venir toucher l’enfant que nous avons été.

Et c’est là qu’une question devient intéressante :

Est-ce que j’accompagne mon enfant dans ce qu’il vit aujourd’hui… ou est-ce que je réagis aussi à ce que, moi, j’ai vécu autrefois ?

« À l’école, j’étais première de la classe, mais certains camarades me disaient que j’étais “pathétique”. Je me sentais différente, rejetée, comme si ma réussite m’éloignait des autres. Des années plus tard, lorsque ma fille a entendu cette même phrase, j’ai ressenti exactement la même émotion. Sans m’en rendre compte, j’ai alors multiplié les actions pour qu’elle ne vive surtout pas le rejet que j’avais moi-même connu. »

Sophie, 44 ans

Mon enfant, ne vivra pas ce que j’ai vécu.

Certains parents ont gardé de leur scolarité des souvenirs difficiles. Alors, lorsqu’ils deviennent parents, une pensée peut apparaître presque naturellement :

  • Le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur.
  • La peur d’aller à l’école.
  • Les difficultés d’apprentissage.
  • Les moqueries.
  • Le rejet.
  • La solitude.
  • Le sentiment de ne pas être compris.
  • La pression scolaire.
  • Les notes
  • Une CPE un peu trop envahissante

Bref,  » Mon enfant ne vivra pas ça. » Et, sans le vouloir, notre enfant peut devenir le terrain sur lequel nous essayons de rejouer ou de réparer notre propre histoire.

On veut le protéger. Nous inquiéter excessivement de ses résultats parce que nous avons souffert à l’école.
Vouloir intervenir rapidement au moindre conflit parce que personne n’est intervenu pour nous.

Mais ce dont nous avons manqué n’est pas nécessairement ce dont notre enfant a besoin aujourd’hui.

    enfant-rentree-parent-kinesiologie-sarah-khalfi-paris-autour-de-moi

    La projection peut aussi fonctionner dans l’autre sens.

    Si, pour nous, l’école a été une période heureuse, nous pouvons avoir du mal à comprendre que notre enfant la vive différemment.

    Lorsqu’il nous dit : « J’ai peur » ou « Je n’ai pas de copains », nous pouvons être tentés de répondre : « Tu vas voir, ça va bien se passer ! » . Mais en voulant le rassurer trop vite, nous risquons de laisser peu de place à ce qu’il ressent réellement. Son expérience ne sera pas forcément la nôtre.

    Comment la kinésiologie peut-elle aider dans ces moments de stress ?

    L’enjeu n’est pas de devenir un parent parfaitement neutre. Nous avons tous une histoire. Et cette histoire influence naturellement notre manière d’éduquer, de protéger et d’accompagner nos enfants.

    En kinésiologie, différents protocoles peuvent être utilisés pour explorer ces réactions et, notamment, travailler autour de la notion d’appartenance.

    L’idée est simple : ce qui appartient à mon histoire m’appartient ; ce que mon enfant est en train de vivre lui appartient.

    Ce travail vise à aider le parent à repérer lorsqu’une situation actuelle vient réactiver une expérience plus ancienne et à remettre chaque vécu à sa juste place.

    Récupérer son histoire pour ne plus la faire porter à son enfant.

    Le travail autour de l’appartenance consiste justement à revenir à ce qui est à soi : son vécu, ses émotions, ses peurs, ses blessures, ses réactions.

    Il ne s’agit pas d’oublier ce qui s’est passé ni de nier l’émotion, mais de pouvoir distinguer :

    « Ce que je ressens aujourd’hui appartient-il réellement à la situation de mon enfant, ou est-ce qu’une partie de mon propre passé est en train de se réactiver ? »

    Cette distinction peut permettre de sortir progressivement d’une réponse automatique.

    Le parent retrouve alors davantage de recul pour répondre à la situation présente, plutôt que depuis l’enfant qu’il a été lui-même.

      C’est probablement là que se situe l’un des enjeux les plus importants de ce travail : rendre à chacun son histoire.

      Le parent conserve la sienne. L’enfant peut construire la sienne.

      Accompagner son enfant ne signifie alors plus lui éviter tout inconfort, toute déception ou toute difficulté.

      Il s’agit de pouvoir rester présent sans absorber, soutenir sans projeter et intervenir lorsque cela est nécessaire sans agir systématiquement sous l’effet de sa propre peur.

      Parce que son histoire n’a pas à réparer la nôtre.